6 étapes pour soutenir une amie moralement

Cela faisait très longtemps que je souhaitais commencer à écrire sur ce sujet.

Étant une femme moi-même, étant tout simplement humaine en fait, j’ai traversé des périodes difficiles émotionnellement et quand cela arrive, quand bien même on refuse de (se) l’avouer, le soutien est nécessaire, mais à condition qu’il soit approprié. Et c’est précisément là que les choses se corsent.

Quand je passe par ces moments de doute, de tristesse, de désarroi, j’ai toujours besoin de me tourner vers mes semblables. Quoi de plus normal! Je vais chercher du soutien entre nous, femmes, parce qu’on se comprend, on se ressemble. Mais quelle a été ma surprise de nombreuses fois de constater la façon dont sont reçues ces émotions. Bien souvent, je me suis retrouvée à regretter de les avoir partagées ou à vouloir les gérer moi-même. Autrement dit, à me « fermer » aux autres. J’étais venue puiser de l’énergie féminine, et je me suis retrouvée face à des solutions.

Ce qui m’a amenée à réfléchir à ce que je pouvais faire, moi, dans une situation inversée, pour ne pas bloquer une amie qui va mal mais réellement lui procurer un certain soulagement et lui donner l’envie de se confier à l’avenir. Par exemple dans le cadre de relations amoureuses.

Car oui, un triste constat…je pense que sans s’en rendre compte, on est de plus en plus déconnectées et dépourvues de notre énergie et nos relations entre nous – entre autres – en pâtissent.

  1. Trouver un moment où je suis entièrement disponible et attentive. Cela semble évident, et pourtant, on se surprend souvent à discuter de choses sérieuses avec nos amies au cours d’une soirée multitâches : mauvaise idée. On a tous beaucoup à faire, où parfois on n’est tout simplement pas disposé. Ceci étant dit, si mon amie/sœur/cousine va mal, elle mérite toute mon attention. Je ne peux pas dans l’immédiat, je reviens vers elle dans les 2 jours maximum; au-delà, elle pensera qu’elle ne compte pas. Entre deux tâches, elle ressentira l’impatience. Rien de pire pour quelqu’un qui cherche à se confier…
  2. Écouter activement. Une fois que j’ai « fait de la place » pour accueillir mon amie, recevoir pleinement sa peine, j’écoute, et j’écoute surtout. Je pratique 90% d’écoute, les 10% demeurant sont réservés à dire que j’écoute, c’est-à-dire : « je t’écoute/je t’entends/oui, je suis là », répéter pour être certaine d’avoir bien compris, dire « je comprends/je ne comprends pas, explique-moi ça », affirmer lorsque je suis d’accord, reformuler son sentiment/émotion/ressenti, poser des questions, voire encore raconter des situations similaires vécues (j’utilise la carte « success story (ou pas) » avec parcimonie, j’essaye de limiter ces histoires car il y a un risque de détourner l’attention sur soi ou d’autres personnes ou d’accentuer/d’affecter certaines émotions).
  3. S’abstenir de juger. C’est plus vite arrivé et sorti de notre bouche qu’on ne le pense. Une des étapes les plus dures à respecter. Je me dis qu’on a chacune nos sensibilités et forces. Si je dis « tu te mets dans des états pareils pour ça?!/tu ne crois pas que tu exagères là?/tu ne vas pas te mettre dans des états pareils pour si peu/tu es folle de penser ça/mais non, ce n’est pas ça », je sais que je m’exprime de mon point de vue, que je vois la situation de là où je suis (ma perspective), et que j’oublie que j’ai une autre personne en face de moi, qui ne réagit pas de la même façon, qui a ses propres peurs et faiblesses, et qui, plus important encore, est en train de ressentir donc d’honorer ses propres émotions. Je ne dois pas intervenir ici pour dire ce que cette personne devrait ou ne devrait pas ressentir. Cela lui « appartient ».
  4. Dans le même esprit, résister à vouloir donner/apporter des solutions! Insupportable de nous voir/entendre souffrir, on doit résoudre, sinon on est inefficaces. Cette obligation de résultat, immédiate, dans l’instant, quand il s’agit du monde émotionnel, très compliqué à mon sens. Je laisse cela aux hommes, ils le font très souvent, très bien. En tout cas, j’ai remarqué que lorsque j’ai besoin de me confier, je ne viens pas chercher une solution ou une réponse directement, mais du réconfort et de la compréhension d’abord (cf. 2), ce que la plupart d’entre nous recherche.
  5. Ne pas bousculer. « Allez, allez, viens on s’arrache, y’a une soirée déguisée chez ma cousine/ sors de chez toi, vas t’amuser/change toi les idées »avec insistance, c’est lourd, et ça peut renforcer le mal être « je devrais être en train de m’éclater mais je suis triste ». Il faut « fuir », il faut! Non ou pas forcément. Mon amie sait au moment où elle veut me parler qu’il y a un tas d’opportunités pour soulager sa peine, visiblement son besoin est précisément de me parler et pas de dévier sur une autre activité, à moins qu’elle ne le demande. Je peux proposer une activité mais je respecte, je ne force pas. Elle peut penser dans le cas contraire « tu ne respectes pas mon état, tu n’as pas compris que je ne vais pas bien ».
  6. Rappeler sa présence pendant et après l’échange. Cliché, néanmoins le simple et fameux « je suis là/je suis là, si tu as besoin » est d’or. Pas terrible comme comparaison mais l’idée est la même que dans le cadre d’une relation client: je relance pour savoir où elle en est dans ce processus (car oui, c’est une phase de turbulences à traverser). Si je veux entretenir ma relation, mon lien, être certaine qu’elle reviendra vers moi, conclure un « contrat de confiance »; je maintiens le contact et je m’assure, du moins je mets tout en œuvre pour que son expérience avec moi soit positive.

 

Voilà, 6 pratiques que je m’efforce d’honorer pour soutenir une amie, en gardant à l’esprit que le fil conducteur c’est d’instaurer/maintenir la confiance, en passant par le respect de ce qu’elle ressent pour l’aider à affronter ses émotions. Je sais aussi qu’en faisant cela, je m’autorise à me confier à elle tout autant, en lui communiquant mes propres codes (ceux-là): je lui donne les clefs pour comprendre comment j’aimerais être soutenue.

Et vous les filles, comment faites-vous pour soutenir vos amies dans les périodes difficiles? Je serais ravie de connaître vos méthodes dans les commentaires 🙂

 

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